bouteilles de whisky japonais classés par date

L’histoire du whisky japonais

Le whisky japonais est aujourd’hui une référence incontournable pour tous les amateurs de spiritueux. Ce n’est plus un secret, les whiskies japonais ont su s’imposer comme des produits d’exception, rivalisant avec les grands noms d’Ecosse et d’Irlande. Mais qu’est-ce qui fait de ces whiskies une telle référence dans cet univers ?

L’histoire fascinante du whisky japonais débute au XIXe siècle, à l’époque de l’ouverture du Japon sur le monde. Traditionnellement, les Japonais étaient des amateurs de saké et de shochu ; mais cette période charnière a permis l’arrivée de nouvelles boissons alcoolisées sur l’archipel. 

De nos jours, le whisky japonais est un véritable phénomène mondial, dont la popularité ne cesse de croître. Appréciés pour leur subtilité, leur richesse aromatique et leur raffinement, les whiskies japonais ont atteint un niveau de qualité exceptionnel, rivalisant avec les plus grands classiques du whisky. Les nouvelles distilleries qui ouvrent régulièrement témoignent de l’essor continu de cette industrie, tandis que les whiskies japonais continuent de séduire les palais les plus exigeants à travers le monde.

Dans cet article, on va revenir sur l’Histoire du whisky japonais, en explorant les prémisses de la production de whisky au Japon, l’essor des premières distilleries, et les éléments qui ont contribué au succès des whiskies japonais d’abord sur l’archipel, puis dans le monde entier.

pagode japonaise

Les origines du whisky japonais

Le whisky japonais est aujourd’hui largement reconnu comme l’un des meilleurs au monde, il bénéficie d’une renommée internationale incontestable. Pourtant, son histoire remonte au début du XIXe siècle, lorsque le Japon a entamé sa transition vers un monde plus ouvert. Les Japonais étaient alors plus axés sur la production de saké et de shochu.

Avant 1853, le Japon vivait une période de repli sur soi qui avait duré près de deux siècles. Cependant, l’arrivée spectaculaire du commodore américain Matthew Perry dans le port de Tokyo, à bord de puissants navires de guerre, allait mettre fin à cet isolement forcé. Cet événement marquant allait ouvrir une nouvelle ère de relations commerciales entre l’Occident et le Japon, signée par la Convention de Kanagawa, dont la ratification s’est faite sous la pression de la force navale américaine.

Avant de quitter le Japon, l’équipage de Perry a généreusement offert un baril de plus de 400 L de whisky aux Japonais. Cette boisson sombre et puissante a vite conquis les palais nippons ; mais les secrets de sa production demeuraient un mystère.

Les premières tentatives de production de whisky au Japon ont été semées d’embûches, les distillateurs locaux comprenant rapidement qu’ils avaient un important retard en termes de savoir-faire technique, comparativement à leurs homologues occidentaux. Face à ces difficultés, les Japonais ont pris la décision courageuse d’envoyer des émissaires et des savants en Europe et en Amérique du Nord, afin d’y apprendre les secrets de la distillation, de la gouvernance moderne, des sciences et de l’éducation, ainsi que les techniques de fabrication de whisky.

C’est ainsi que les Japonais ont commencé à acquérir les compétences nécessaires pour produire un whisky de qualité et à se distinguer sur la scène mondiale.

Masataka Taketsuru et Shinjiro Torii : pionniers du whisky japonais

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Les progrès incroyables de la production de whisky japonais ces dernières années ont suscité l’admiration des connaisseurs du monde entier… Pourtant, peu de gens connaissent les noms de ceux qui ont pavé la voie à cette réussite : Masataka Taketsuru et Shinjiro Torii, deux figures incontournables de l’histoire du whisky japonais.

Jeune chimiste talentueux travaillant pour la Settsu Liquor Company, Taketsuru avait pour mission de créer des boissons alcoolisées à base d’un mélange d’alcool de grain et d’autres ingrédients, afin d’obtenir une couleur et un goût semblables à ceux du whisky écossais. Malgré son expertise et sa persévérance, ses premières tentatives se sont révélées décevantes.

La Settsu Liquor Company a eu l’ingénieuse idée d’envoyer Taketsuru en Écosse pour parfaire sa formation sur la production de whisky. Ainsi, en 1918, il a intégré l’Université de Glasgow et a eu l’opportunité de réaliser de nombreux stages dans des distilleries écossaises renommées. Durant son séjour dans deux distilleries de Speyside, il a appris les techniques de production de whisky blended et a découvert l’utilisation des alambics de café, qui ont ensuite marqué sa méthode de distillation.

En 1920, Taketsuru s’est marié à Rita Cowan et le couple est retourné au Japon, où Taketsuru a repris son travail chez Settsu. Cependant, la société n’avait pas de grandes ambitions dans la production de whisky sur l’archipel, cela a conduit Taketsuru à démissionner.

Shinjiro Torii avait entendu parler de l’expertise reconnue de Taketsuru et cherchait un professionnel pour diriger la production de sa nouvelle distillerie à Yamazaki. C’est ainsi que Taketsuru a rapidement été embauché pour superviser tout le processus de production. La société Suntory a lancé White Label, le premier vrai whisky japonais, qui n’a malheureusement pas eu le succès espéré. Torii, insatisfait du résultat, a alors rétrogradé Taketsuru au poste de responsable de la production de bière dans une usine à Yokohama.

Taketsuru a finalement quitté la société et a fondé l’une des distilleries de whisky les plus populaires du Japon, Nikka Whisky. Il a suivi son rêve de produire un whisky japonais de qualité supérieure, basé sur les compétences techniques qu’il avait acquises en Écosse et qui ont finalement fait de lui l’un des pionniers du whisky japonais.

Masataka Taketsuru et Shinjiro Torii ont donc pavé la voie pour la production de whisky japonais. Leur savoir-faire technique et leur détermination ont permis de surmonter les obstacles initiaux et de faire du whisky japonais un concurrent sérieux sur la scène internationale.

Une boisson popularisée durant la seconde guerre mondiale

La collaboration inattendue de la marine impériale japonaise avec une grande installation dans le port de Yoichi pendant la Seconde Guerre mondiale a permis à Nikka de persévérer durant ses premières années difficiles… Cette association a également offert à Suntory la possibilité de prospérer grâce à la production de whisky destiné aux rations des troupes.

jardin japonais

La difficile implantation des distilleries sur l’archipel

La mise en place de distilleries sur l’archipel japonais a été compliquée. Malgré l’échec du White Label de Suntory, leur whisky Kakubin a connu un grand succès et est aujourd’hui le whisky japonais le plus vendu de tous les temps. Afin de promouvoir la culture du whisky japonais, Suntory a ouvert des bars à whisky dans tout le pays dès 1955. En 1970, Suntory a révolutionné la culture culinaire japonaise en créant le Mizuwari, une boisson composée d’eau et de whisky facile à boire et qui se marie bien avec la cuisine japonaise.

Le whisky japonais a connu un grand succès dans les années 70, avec une production constamment en augmentation jusqu’en 1983 où elle a atteint son sommet avec 379 000 kilolitres de whisky produits.

Toutefois, en 1984, une décision a été prise pour augmenter considérablement la taxe sur la production de whisky, tandis que les taxes sur les whiskies étrangers ont été réduites. En outre, les préférences locales en matière d’alcool ont commencé à se diversifier ; les Japonais préférant désormais le vin ou les cocktails de shochu au whisky. Cette évolution a entraîné une diminution de la production de whisky japonais jusqu’en 2008, ce qui a poussé certaines distilleries japonaises à fermer ou à se concentrer davantage sur la distillation de spiritueux traditionnels.

Mais Nikka et Suntory ont profité de cette période de récession pour repenser entièrement leurs produits. Leurs améliorations ont été récompensées dans les années 2000 par plusieurs prix prestigieux, dont le titre “Best of the Best” remporté par Nikka pour son single malt Yoichi 10 ans Ce titre a été reçu en 2001 durant le concours international qu’a organisé Whisky Magazine. Cela a marqué le début de l’ascension récente des whiskies japonais.

Le renouveau de l’industrie du whisky japonais dans les années 2000 a été fulgurant, avec l’ouverture de nombreuses distilleries à travers le pays. Ce regain d’intérêt a attiré l’attention des amateurs de whisky du monde entier, qui ont été séduits par la qualité exceptionnelle et la complexité des saveurs proposées par les distilleries japonaises. Nikka et Suntory ont ainsi acquis une renommée mondiale, remportant des prix prestigieux dans des concours internationaux de dégustation de whisky.

rue japonaise

Le whisky japonais à la conquête du monde

Il y a seulement quelques décennies, le whisky japonais a fait ses premiers pas sur la scène mondiale. En 2003, le personnage de Bill Murray a popularisé le whisky de Suntory avec la célèbre citation “For relaxing times, make it Suntory time!” dans le film “Lost in Translation”. Cette publicité a contribué à la reconnaissance du whisky japonais et les amateurs de whisky internationaux ont commencé à découvrir ce spiritueux de luxe provenant du Japon. Certains whiskies japonais ont remporté des récompenses internationales, augmentant ainsi la notoriété de la qualité du whisky japonais.

Ces dernières années, le marché du whisky japonais a connu une forte croissance, devenant encore plus populaire au Japon et à l’étranger. La boisson Highball, un mélange simple de whisky japonais et de soda dans un verre à whisky japonais, est devenue un incontournable pour accompagner les plats japonais.

Aujourd’hui, le whisky japonais est en train de conquérir le monde avec des exportations qui ont quintuplé entre 2010 et 2019. Les consommateurs sont de plus en plus attirés par la qualité et la complexité des whiskies japonais, ainsi que par la philosophie et l’esthétique japonaises qui les accompagnent. Les distilleries japonaises ont également élargi leur gamme de produits en créant des whiskies vieillis dans des fûts de saké, de vin et de sherry, ainsi que des whiskies sans âge.

Les marques japonaises de whisky ont émergé sur les marchés mondiaux, concurrençant les grandes marques de whisky écossaises. Le whisky japonais a même percé dans des pays traditionnellement peu amateurs de whisky, comme la Chine et l’Inde. La demande de whisky japonais a dépassé l’offre ces dernières années… Cela a entraîné une augmentation des prix et des embouteillages de plus en plus exclusifs et rares.

Le whisky japonais a parcouru un long chemin depuis ses débuts discrets sur la scène mondiale. Grâce à la qualité de ses produits, à l’esthétique et la philosophie japonaises qui les accompagnent, ainsi qu’à la reconnaissance mondiale, le whisky japonais est désormais en train de conquérir le monde.

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bouteille de whisky japonais hibiki 12

Les principales distilleries japonaises

Voici quelques distilleries japonaises réputées pour produire les meilleurs whiskies du pays.

Suntory – Yamazaki, Hakushu, et Chita

Suntory est un groupe de whisky japonais renommé ; il possède plusieurs distilleries de whisky, dont Yamazaki, Hakushu et Chita.

La distillerie Yamazaki est située à Shimamoto, dans la préfecture d’Osaka. Yamazaki est la plus ancienne distillerie de whisky du Japon.

Hakushu est située à Toribara, dans la préfecture de Yamanashi et la distillerie Chita est située à Chita, dans la préfecture d’Aichi.

Nikka – Yoichi et Miyagikyo

Nikka est une entreprise de spiritueux japonaise réputée pour la production de whiskies de grande qualité ; elle possède deux distilleries principales : Yoichi et Miyagikyo.

La distillerie Yoichi est située sur l’île d’Hokkaido et la distillerie Miyagikyo est située dans la préfecture de Miyagi.

Kirin – Fuji Gotemba

Kirin est une entreprise japonaise de boissons alcoolisées qui possède plusieurs distilleries de whisky, dont la distillerie Fuji Gotemba située au pied du mont Fuji.

Chichibu

Chichibu est une distillerie de whisky artisanale japonaise située dans la préfecture de Saitama ; au nord-ouest de Tokyo, fondée en 2008 par Ichiro Akuto.

White Oak

White Oak est une distillerie de whisky japonaise située à Akashi, dans la préfecture de Hyogo, au Japon. Elle est en activité depuis 1984.

Togouchi

Togouchi est une distillerie existant depuis 1918 qui produit une large gamme de whiskies aux vieillissement atypique, en fûts de saké par exemple.

Chronologie de l’Histoire du whisky japonais

1853 : L’amiral américain Perry arrive au Japon et offre du whisky aux habitants de Ryukyu à Okinawa et aux Japonais à Uraga.

1894 : Masataka Taketsuru naît à Takehara, dans la préfecture de Hiroshima (actuelle ville de Takehara).

1918 : Masataka Taketsuru part en Écosse pour étudier la fabrication du whisky, sur ordre de Kotobukiya et de Kihei Abe de Settsu Shuzo (jusqu’en 1920).

1924 : Achèvement de la distillerie de Yamazaki. Masataka Taketsuru devient le premier directeur d’usine et commence la fabrication du whisky.

1929 : Le 1er avril, Suntory lance le premier whisky de qualité supérieure au Japon, le “Suntory Whiskey (White Label)”. Masataka Taketsuru est directeur d’usine à Yamazaki et à la brasserie de bière

1934 : Masataka Taketsuru fonde la compagnie Dai Nippon Kajū, qui plus tard deviendra la société Nikka Whisky. Une usine est construite à Yoichi sur l’île de Hokkaido en octobre.

1952 : Dai Nippon Kajū change de nom pour devenir Nikka Whisky.

1983 : La consommation de whisky atteint un record avec environ 379 000 kilolitres.

2001 : Yoichi 10 ans de Nikka a été élu “best of the best” par Whisky Magazine

2010 : Suntory reçoit pour la première fois le titre de “Distiller of the Year” au ISC (International Spirits Challenge).

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